AUJOURD'HUI C'EST DEMAIN :

 

2ème partie - Vous avez reçu des idées

 

Commençons par tordre le cou à certaines idées reçues.


Juan Mann - Tradman 2008

"La gratuité occasionne le non respect, le gaspillage et l'accumulation inutile"

FAUX

La rareté occasionne tout cela, pas l'abondance.
Si dans une main j'ai un diamant et que dans l'autre j'ai un gravillon et que je vous dis : " cadeau ". Quelle main choisirez-vous ?
Avez-vous déjà vu une personne dégrader les gravillons d'une allée ou le sable du désert ?
Avez-vous déjà vu une personne gaspiller ou accumuler chez elle des quantités de gravillons (en occident) ou de sable (en Afrique du nord) ? Non !!! Pourquoi ?
Tout simplement parce que ça n'a pas de valeur financière.
Au début nous allons avoir le réflexe de stocker mais dès que nous aurons intégré le processus mental de la disposition à volonté…. Tout cela deviendra aussi banal que les gravillons ou le sable.
Petite réflexion à propos de la rareté et du coût : Pourquoi croyez-vous qu'une seule " famille " s'occupe de toute la filière diamantaire et en gère le flux ????
De la même façon, imaginez un voleur arriver avec une poignée de gravillon et vous dire : " hè !!! Je te le revends pas chère ". Vous le prenez pour un voleur ou pour un dérangé mental ?
Je vous laisse imaginer le même voleur avec ses tomates " volées " dans une société sans argent où la nourriture est à disposition.
Hé oui… Il disparait de lui-même. Pas de valeur financière, pas de vol.
On extrapole un peu ? Pourquoi je volerai un auto radio ou je crèverai les pneus de la voiture de mon voisin si je peux disposer de la même chose que lui. Un magasin ou chaque personne peut choisir ses vêtements en fonction de ses gouts et non pas de son porte monnaie ; laine, coton, soie, à pois, à rayures, unis… plus d'envieux, plus de jalousie, plus de statut social qui nous rend inférieur, mal à l'aise et intimidé. Par contre de la personnalité qui refait surface et de la bonne humeur. Alors, on commencera peut être à pouvoir parler de personnes civilisées.
Petit détail amusant : " Il faut savoir que seulement 3% de la monnaie mondiale en circulation l'est sous forme physique, pour le reste, les échanges économiques et les avoirs sont essentiellement virtuels ".(Source : Guide de connaissances globales et d'actions concrètes - Zeitgeist mouvement) Donc… Nous fonctionnons déjà à 97% sur de la confiance. Je vous laisse réfléchir au potentiel évolutif d'une civilisation où la confiance passerait de la valeur subjective du prix d'un produit à celle de la valeur réelle du savoir faire. Ca interpelle non ?

"Avoir un " bon travail " facilite la vie et rend heureux"

FAUX

Dans ce système, la notion de " bon travail " se définit en fonction du revenu qu'occasionne le labeur et non pas d'un plaisir ou d'un goût personnel.
La notion de choix reste souvent secondaire. Si vous avez les capacités (et les moyens) de suivre de hautes études (remarquez le " haute " synonyme de " longue " et bien révélateur d'une symbolique de pensée), même si vous aimez planter des légumes le contexte socioculturel vous " poussera " vers les études en reléguant le potager au rang d'agrément.
Pour atteindre le niveau de ce qui est appelé " bon travail " vous devrez en passer par des années d'abnégation, de compétition, de stress, de résultats … Des années perdus et qui font que vous serez harassés avant même que de pouvoir " profiter " des retombées de ce " bon travail ".
Autre constat, un " bon travail " vous accapare la quasi totalité de votre temps si bien que le reste de votre vie vole en éclat. Enfin, un " bon travail " signifie une progression vers de plus en plus de rendements, de charges, de responsabilités, de risques à prendre et donc de stress et à terme de perte de ce travail.
Conclusion votre vie est sacrifiée au profit d'un niveau de vie dont vous ne bénéficierez que peu compte tenu des paramètres d'obligations qu'implique un " bon travail ".
Dans la même lignée de pensée et malgré ce qui en est dit, le surpassement de soi n'est pas bon pour la santé et n'occasionne pas le bonheur. Le surpassement est une course sans fin qui ne peut occasionner que la frustration car c'est une course perdue d'avance. Ce que le cerveau en retient c'est qu'il doit en permanence faire plus jusqu'à ce que…. déprime, stress petites boules bleues à avaler tous les soirs et une personne de plus qui se dit qu'elle n'en peut plus et qu'elle n'est plus bonne à rien.

"Quand même, les gens préfèreront ne rien faire plutôt que de bosser.
C'est dans la nature humaine que de profiter du système.
Sans compter les fainéants."

FAUX

Au delà de l'exemple du bénévolat, imaginez-vous 3 mois en vacances. Super, n'est ce pas. 1 an en vacances... Vous resteriez 1 an à juste boire des cocktails assis sous les cocotiers ?
Une chose est sûre, peu à peu vous décideriez d'aller à la pêche, puis de repeindre le bateau puis d'aider votre voisin devenu un ami à réparer son toit puis….
Les machines peuvent faire pour nous mais ce qui est bien avec elles…c'est qu'elles ont un bouton pour les arrêter. Si vous désirez le faire par vous-mêmes, libre à vous mais je pense que nous sommes tous d'accord pour dire que pour nettoyer les canalisations des toilettes publiques, une machine c'est mieux.
Deuxième chose, Il n'y a pas de "nature" humaine dans le fait de profiter (au sens négatif du terme) mais du "réflexe" humain dans l'adaptation sociale à la survie. Dans une situation " lui ou moi ", la sauvegarde, la survie nous amène à sauvegarder " moi " d'abord. Si un lion attaque deux personnes qui ne se connaissent pas, il va de soi que vous chercherez à ce que le lion attaque l'autre plutôt que vous. Par contre si c'est " moi " et " mon gosse " alors vous sauverez votre gosse en vous sacrifiant et ça… ça n'est plus de la nature mais de la culture (et n'allez pas me citer les animaux en exemple car chez la plus part d'entre eux, les parents protègent leurs petits (hé encore pas tous et chez ceux qui le font ce sont surtout les mères qui protègent) mais en cas de risque de mort ils se sauvent "eux" et abandonnent leur progéniture. A lire : Lorenz (Ethologue) - L'agression).
Mais comment " profiter " au sens économique du terme quand cette notion n'est plus. La nature humaine est grégaire sinon elle n'aurait pas survécu aux dangers de ses débuts. Une fois que nous aurons réappris (comme avant l'agriculture, l'argent, la propriété privée) que le bien être de l'autre permet le bien être personnel, c'est tout un nouveau rapport à la pensée qui cheminera.
Pour les fainéants, personnellement, je n'ai jamais rencontré d'enfants fainéants avant l'institutionalisation. Tous aiment : pour certains dessiner, d'autres chanter, peindre, jouer dehors, découvrir, regarder, poser des questions… bref s'intéresser, effectuer et concrétiser. Pourquoi cela disparait-il ? Y aurait-il un rapport entre activité qui ne nous correspond pas ou activité où l'on est considéré comme " nul " et la fainéantise ?
Est-ce qu'un travail abrutissant ou nul peut rendre courageux ?
Vous je ne sais pas mais moi je suis souvent en forme pour pratiquer une activité qui me plait.

"C'est la porte ouverte à tous les abus, tous les vices"

FAUX

Il est notable que la notion "d'abus" comme celle de "vice" sont très variables d'une personne à une autre tout comme d'une société à une autre. Pouvons-nous répondre à la question : A partir de combien de verres d'apéritifs y a t'il abus ? Vice ? Difficile...
Sans entrer dans ces considérations "éducatives", "sanitaires", culturelles"...nous ne pouvons que constater que l'abus comme le vice font parties intégrantes de notre civilisation et ce depuis fort longtemps.
Le monde du sport, censé vanter les biens faits athlétiques n'est-il pas régulièrement entâché par l'abus de produits nocifs dans un but vicié de résultats de profits financiers.
A titre personnel je ne pense pas qu'un changement radical de façon de vivre pourrait faire empirer ces comportements. J'irai même jusqu'à penser l'inverse. Nos comportements extrèmes ne seraient-ils pas le reflet, le résultat d'un mal de vivre, d'un mal de repères ? La drogue, comme l'alcool ne sont-ils pas des substituts au mal être ? Les enquètes officielles révèlent toutes des niveaux, actuels, forts élevés et jamais atteints auparavant. Ni aurait-il pas cause à effet ? L'étude menée par Richard Wilkilson (chercheur britannique en sciences sociales) et parue dans son dernier livre " The spirit Level " coécrit avec Kate Pickett (professeur américain en sciences de la santé) en apporte un témoignage sans appel. Les graphiques que nous découvriront dans la partie "banditisme, délinquance, violence" répondront à nombre de ces questions.
Au-delà de ces réflexions, les "interdits" ne provoquent-ils pas l'inverse du résultat recherché ?
Le meilleur exemple que j'ai pu trouver pour le "vice" est : la pornographie.
Lorsqu'Internet a pénétré dans les foyers, la quasi-totalité des males est allé sur le Web pour regarder les sites pornos (et n'allez pas me dire le contraire hein !!!!). Les premiers mois, dès que nous sommes seuls (ou avec des copains males) on s'y rend fréquemment. Puis, le temps passant, nous recherchons des sites sur d'autres pôles d'intérêts et les visites "sexuelles" s'espacent.
Comme pour tout le reste, une fois que l'interdit est levé, que le possible est en place à tout moment, faire le mur perd de son piquant. Pourquoi regarder par le trou de la serrure si la porte est ouverte ? Pourquoi rester sa vie durant devant une porte ouverte si à tout moment on peut passer devant et regarder ?
Evidemment il restera certainement des acharnés, des irréductibles. Hé alors…. En quoi gêneront-ils la majorité ?
Dans l'absolu ça permettra même d'aller les rejoindre les jours d'envies.
Le manque de temps, le manque de droit, le manque d'argent, le manque tout court créé de la perversion dans le sens " envie " du terme. Le " pourquoi lui et pas moi " deviendra rapidement le " pourquoi pas lui et moi " dans un monde plus sein et plus serein.